20 Mars 2019
- 28 mars 2025
- 4 min de lecture
On n'est - on ne nait - pas entrepreneur à la base. On le devient.
Par la force des choses. Parce qu'on ne supporte plus de ne pas avoir son mot à dire dans son boulot, parce qu'on pète un plomb d'ennui ou d'impuissance - ou les deux.
Ou parce qu'on ne trouve rien qui fasse exploser le coeur de joie dans son travail.
Quoique, la frustration suffit rarement... Il faut une dose de violence pour sortir de sa zone de confort. En tout cas, à moi il m'en a fallu.
Parce qu'on se rend compte un beau matin que la vie ne se résume pas à un 35 heures hebdo et à une autorisation de découvert de la taille de ton salaire mensuel. Ou un banquier stressé qui panique pour un rien. Ou un horizon restreint qui te colle des angoisses quand tu t'introspecte.
Parce qu'on se retrouve à résoudre un problème qu'on se pensait seul à avoir - et puis en fait non - ou parce qu'on a une idée qui nous hante, qui ne nous lâche plus. Un rêve.
Parce que ne pas le faire devient un beau jour plus pénible à supporter que sauter dans le vide.
On devient entrepreneur chaque matin quand on décide de malgré tout se lever et affronter la journée.
On devient entrepreneur quand on choisit d'avoir le droit de se planter, parce que c'est comme ça que les glands deviennent des chênes et qu'il n'y a pas de honte à cela. Mais qu'à l'instant ou cette pensée t'effleure - cette pensée que tu peux échouer. Que tu peux baisser les bras - tout ton être se révulse et se contracte en vue de la bataille qui s'annonce. Quand ton corps parle pour toi.
Quand tout ton cerveau dirige sa puissance vers le non-échec. A cet instant là, à cette seconde précisément on devient entrepreneur.
Pas pour la gloire, ni pour l'argent. Juste quand tout ton corps préfèrerai crever que de lâcher ce pour quoi tu t'es battu tous les jours, toute une vie, chaque seconde - ces secondes qui durent des millénaires.
Un mois, un an, Trente ans. Tu ne peux plus accepter de lâcher.
Quand la perspective de se laisser abattre par ce qui d'un coup t'apparait comme tellement futile ! C'est cette dichotomie qui décide de qui est un entrepreneur et qui ne l'est pas. Et nous sommes tous un peu des deux. Tout dépend du moment... Car la vie fluctue.
Un instant avant, la difficulté amenait tes pensées à tout laisser tomber. Et la simple évocation de cette possibilité te fait te relever et carrer les épaules en défiant l'univers.
Quand "non" n'est plus une option. Quand tu n'as plus le choix, que tu as parcouru trop de chemin pour abandonner. Quand tu refuse de laisser toutes ces peines, ces efforts, ce travail, cet argent, ces "sacrifices" - notez les guillemets... - quand tout le chemin parcouru a tellement de valeur pour toi que tu ne peux plus accepter de baisser les bras face à une difficulté immense, quand malgré tout, sans savoir comment, tu préfères continuer à te battre, alors à cet instant précis, à cette seconde là, tu deviens l'essence de l'entrepreneur.
Et puis la seconde s'efface et il faut bien ouvrir le sac et affronter les emmerdes.
Mais cette seconde, cet instant ou tu as eu la nausée à la perspective de voir se dérouler ta vie sans ta boite... Cette seconde là est la preuve pour qui sait la déceler qu'alors, tu es invincible.
C'est pour cette seconde que les combats existent. Les grandes victoires et les petites défaites amères.
C'est pour cet apprentissage que sur ton chemin la Vie placera juste ce qu'il faut de difficultés. Juste ce qu'il faut de "NON" pour que tu te révoltes en exigeant un "OUI" et que tu apprennes par cette occasion combien affronter est exigeant et combien cela te demandera de devenir un autre, de devenir plus grand, plus vaste.
Aujourd'hui on m'a dit non.
Et je répond un "Merde" sonnant et limpide, comme la voix des anges.
"Non", ce n'est pas une réponse. Ce n'est qu'un ralentissement.
"Non", ce n'est qu'une fuite et je ne suis pas de ceux qui fuient.
"Non" est le dernier argument de ceux qui vivent dans le monde du "c'est risqué"", ou "c'est illégal". Le monde du "on ne peut pas faire ça" du "c'est pas comme ça qu'on fait".
Beurk.
Mais qui décide de cela ? Qui dicte cela ?
Qui peut me le prouver ? Est ce vraiment impossible ? Montrez moi que ça l'est et peut être que je considèrerai que c'est vrai, mais dans l'intervalle, aucun argument ne me fera changer d'avis.
"Non" n'est pas une option. Et c'est de la contrainte que nait la créativité. Alors quiconque veut ce qu'il n'a jamais eu doit oser faire e qu'il n'a jamais fait.
C'est ma réalité que je sculpte. C'est ma seconde d'angoisse et d'espérance, c'est un dé que je lance.
Et si je me plante, je deviendrai un grand chêne et c'est bien aussi.
Carpe Diem.




Commentaires