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20 Mai 2019

  • 28 mars 2025
  • 3 min de lecture

Ça fait un moment que je n'ai rien écrit ici.


Tout simplement parce que parfois la vie d'une entrepreneuse 2.0 s'écoule avec la lenteur d'un filet d'eau, insidieusement, goutte à goutte.


Ben oui, la vie n'est pas un perpétuel ballet de choses qui s'entrechoquent, qui gigotent et qui révolutionnent chaque seconde. La vie n'est pas tous les jours une tornade.


La vie d'un entrepreneur, c'est aussi parfois le profond sentiment d'impuissance face à des situations qu'on ne peut pas débloquer, car on n'en est pas maitre.


C'est aussi apprendre à laisser filer le temps, car c'est la seule denrée dont on ne manque pas tant que cela, car c'est la seule variable sur laquelle on puisse se permettre de lâcher du lest.


Même si c'est contre-intuitif.

Laisser les choses aller...

Lâcher prise.


Accepter. Accepter que non, ce %onnard de comptable n'a TOUJOURS pas fini le bilan, que du coup, la banque ne l'a toujours pas et ne peut donc pas, par conséquent, avancer sur les projets de financements.


Accepter que quand les voies sont bouchées, il faut parfois attendre que le filet, le mince - l'inqualifiable - filet d'eau de notre volonté fasse le ménage.


Que ce minuscule filet d'eau soit la seule force disponible sur l'instant, qu'un instant suivant l'autre cela forme des journées, des semaines, des mois de patience et d'entêtement qui - finalement - représentent une force qui est respectée et reconnue. Des secondes, des heures, des journées de survie qui font toute la différence.


La différence entre ceux qui survivent et ceux qui paniquent et lâchent tout.


Accepter de fermer presque complètement le robinet, pour mieux se reposer et reprendre des forces quand il sera temps de le rouvrir en grand pour nettoyer les écuries d'Augias.


Accepter que tout n'aille pas toujours vite.


Attendre patiemment que les feux soient de nouveau au vert. Reconnaitre les signes d'encouragement tout autour de soi. Un signe, un geste, une opportunité ? Qu'importe, c'est l'intense palpitation de la vie au milieu du désert.


Devenir un roc, un caillou qui accepte sans broncher de regarder défiler des millénaires, d'être inébranlable, de survivre à tout, même à l'inaction. Surtout à l'inaction.


Même celle des autres. Surtout celle des autres.


Et quand l'instinct dit qu'il est à nouveau temps d'ouvrir grand les vannes, se servir de l'excédent de pression pour nettoyer toute cette merde qu'on a laissé s'accumuler, se préparer et... Le faire. En grand.


En vrai.

Pour se battre, pour sa Vie.

Pour ses convictions.


N'avoir - dans l'intervalle - pas perdu une particule d'Âme et au contraire, l'avoir nourrie.


Accepter les cycles d'une vie normale, peuplée de fatigue, de découragement, peuplée de cet agacement profond qui me fait me demander pourquoi diable je ne suis pas restée salariée à toucher ma paye un jour fixe et à payer des impôts sur le revenu.


Et c'est là que la question : "pourquoi tu veux monter ta boite ?" prend tout son sens. C'est à cet instant là que la réponse à de l'importance. L'importance qui fera toute la différence.


Avoir la réponse. A l'instant ou on se pose la question : l'entendre du fond du coeur & avoir envie de la hurler à la face du monde.


Ouvrir le robinet en grand, qui en se laissant du repos, a pris en force.

Ouvrir les vannes et sortir à nouveau la lame acérée de celle qui n'a plus rien à perdre, que ses illusions, et son entreprise.


Rouvrir les canaux en regardant en face la tornade que cela va provoquer et se rappeler à cet instant précis que le phoenix renait de ses cendres. S'il n'accepte pas de devenir cendres, il ne peut se relever.


Je n'ai pas peur des monstres sous mon lit, car le pire de tous, c'est le monstre qui est en moi... C'est à eux d'avoir peur de moi. Idiots sont ceux qui ne l'ont pas encore compris et qui pensent que ma patience est de la faiblesse.


C'est au contraire ma plus grande force.


J'ai laissé mûrir ces semaines pour en tirer la substantifique moelle, j'ai ourdi des plans machiavéliques et préparé l'avenir, tout cela en acceptant simplement de laisser filer le temps et de n'avoir aucune prise dessus.


Cette semaine, il est temps de réveiller le Kraken et de recommencer à se battre de façon concrète.


Cette semaine, il est temps de faire danser les marionnettes à mon rythme à moi.



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