top of page

19 Février 2019

  • 28 mars 2025
  • 4 min de lecture

Y'a plein de gens sur ma page perso...


Parfois des gens que je ne connais pas et les soirs comme celui ci, ou je sens le clavier me démanger, je me demande qui lit ces lignes, qui se sent concerné ou qui juge.


Et puis finalement, le principe même du réseau social c'est d'entre-ouvrir la porte, de lancer l'invitation et d'accepter que le jeu consiste à ne livrer que ce qui semble pertinent ou constructif.


Deux ans et quelques mois que je suis une entrepreneur(e).


Deux ans que je jongle entre les journées difficiles et les journées abominables et puis de temps en temps, un répit.


Mais en fait, en disant cela, j'ai tort et surtout je vous induis en erreur.


Ca ne fait pas "que" deux ans et quelques mois que je suis entrepreneur(e), mais pas loin de 10 ans...


Parce qu'il y a environ 10 ans (un peu plus mais j'aime les chiffres ronds et je n'aime pas vieillir...), du haut de mes 18 ans, accompagnée comme toujours de ma (cinglée) de mère, nous ouvrions un atelier d'arts... On louait un local qu'on avait pas les moyens de payer, pour y donner des cours de calligraphie latine et de peinture.


La calligraphie pour moi, ce fut comme la couture : dévorant.


Du jour ou j'ai eu mes premières plumes, plus jamais je n'ai regardé le monde de la même façon. Je m'y suis consacrée corps et âme, avec tellement de plaisir ! J'en ai noirci des kilomètres de papier ! J'en ai pris des trains/voitures/métros pour me rendre à des stages ou j'ai appris plus ou moins ce que je cherchais, mais lors desquels j'ai rencontré de belles personnes, de belles âmes. J'ai peint et calligraphié comme si ma vie en dépendait.


Quand l'atelier m'a semblé trop étroit pour ce qui s'y passait, j'ai cherché plus grand, plus vaste. Et j'ai trouvé.


Nous avons alors déménagé ces activités. Nous y avons enseigné la peinture, la calligraphie, le lâcher-prise. Nous y avons accueilli des expositions d'autres artistes, bu des litres de café et recouvert des centaines de mètres carrés de toile.


Et puis bon. Il a bien fallu se rendre à l'évidence : on ne gagnait pas nos vies. Plus précisément j'avais eu les yeux un peu plus gros que le ventre et les 250m2 d'atelier nous coutaient très cher.


On a remanié la chose, continué nos chemins. On a continué à vivre, à apprendre.


Parfois il faut savoir revenir deux pas en arrière pour comprendre.


Il est particulièrement difficile pour moi de chercher les souvenirs liés à ce moment de ma vie car j'étais heureuse. Et il est ardu de chercher les souvenirs heureux. Ceux où je ne me souciais de rien car "quelqu'un" d'autre se chargeait de l'intendance.


Toutefois, les années passant, je mesure le cadeau qui m'a été fait et j'y reviens avec moins de peine. Par contre, j'en prend la pleine mesure.


Et puis j'ai repris un travail classique : avec des fiches de paie toussa toussa. Je m'y suis épanouie et j'ai appris mille choses. Sans que jamais ne me quitte l'âme créative, le sentiment que la Vie ne se résume pas à une succession interminable de tâches dépourvues de sens mais lucratives.


C'est rigolo comme la vie se charge de vous envoyer des moments qui sont parfois antagonistes... Je pense souvent à cette citation qui dit "faites attention à ce que vous souhaitez, cela pourrait arriver".


Et puis un jour on m'a offert une machine à coudre et "ça" m'a repris...


Ce "je ne sais quoi" qui me fais me lever le matin, m'habite et m'anime. Qui pourrait croire qu'entre la couture et la calligraphie il y a un pont ? Personne.


Et pourtant.


La différence c'est quelques années ont passé et que j'ai pris du plomb dans le crâne.


De la même façon, à la limite de la boulimie, j'ai cousu, décousu, refais. Et mis mille fois sur le métier mon ouvrage, mais riche des années d'expérience passée, je n'ai pas abordé la chose de la même façon. J'avais appris et mémorisé les écueils du rêve passé pour tenter de les sublimer en une réalité plus constructive, plus concrète.


Alors aujourd'hui, parfois je souris. Je souris quand mon enthousiasme me dit qu'il faut déménager l'atelier actuel pour plus grand mais que mes finances me disent que peut être j'ai les yeux plus gros que le ventre.


Je souris quand j'ai envie d'immensité, de vastitude alors même que chaque jours j'élargis l'horizon.


Je souris quand à 33 ans je commence à peine à comprendre comment composer entre mes envies et la réalité mais que ce ne sont plus des sacrifices.


Et mon sourire s'élargit d'autant que j'ai enfin trouvé le fil qui relie ces années de peinture déchainée et de couture laborieuse : quand enfin je comprend que les deux ont leur part en moi et que point n'est besoin de choisir puisqu'elles ne sont pas antagonistes...


Tant de mots sur cette page. Tant de mots pour simplement dire qu'on ne fait pas pousser une fleur en tirant dessus...


Tant de mots pour résumer un principe simple : si cela ne fonctionne pas du premier coup, rien ne t'empêche de recommencer, encore et encore. A la seule condition d'apprendre de son passé et de ses erreurs.


Alors, entrepreneur, avance.

Fais.

Rate.

Recommence.

Change.

Avance.


Et si vraiment tu y crois, alors peut être que cela adviendra.

De toute façon la vie est un long fleuve tranquille.

Alors ta g*ule et rame.

rendez vous dans 10 ans pour le bilan de ma dernière folie couturesque...



Commentaires


bottom of page