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15 Avril 2019

  • 28 mars 2025
  • 5 min de lecture

C'est étonnant de voir que devenir entrepreneur est presque une réelle étude sociologique en soi.


On aiguise son regard à cerner les gens et à palper leur substance pour agir en tirant les meilleurs leviers. On apprend à essayer de sublimer les compétences de ses interlocuteurs.


On aiguise ses sens à fuir les énergies basses, les vampires psychiques, on aiguise son oeil à prendre les chemins de traverse pour éviter la confrontation ou au contraire, à déceler les failles pour taper là où ça fait mal.


On aiguise son sens de l'analyse à regarder une situation par tous les points de vue avant de prendre une décision, ou d'essayer d'influer sur la réalité. On y réfléchit à deux fois avant de se laisser guider par son instinct, surtout quand celui ci est faillible et l'a déjà prouvé par le passé.


Et ça, ça fait grandir.


Autour de moi, il y a des profils très différents. Et les observer est une forme de repos pour moi. Ca consiste principalement à laisser tourner une "tâche de fond" dans mon cerveau puis à regarder la conclusion comme si je n'y prenais pas vraiment part. D'ailleurs je pense que c'est le cas : j'observe mais je ne prend pas parti. Il n'y a pas de malin dans ces histoires là. Pas de jugement.


Il y a les proches, les amis, les "aimants", dans le sens de ceux qui veulent mon bien, qui m'aiment et m'apprécient et qui me regardent d'un oeil amusé me battre avec une petite touche de pitié.


Ceux qui aimeraient que je me couche plus tôt, que je mange plus de fruits et légumes, que je boive moins. Que je prenne du temps pour moi.


Ceux qui trouvent que mon nouveau boulot me prend quand même "vachement de temps dans ma semaine", ceux qui me conseillent le yoga et la méditation mais qui fondamentalement sont là juste derrière moi.


Ces gens qui me veulent du bien et qui m'offrent parfois une parenthèse de calme et de sérénité. Un thé, une balade, une conversation au téléphone. Que du bonheur !


Et ils ont tellement raison... !

Je devrai les écouter, mais je ne peux pas.


Entendons nous bien : j'entends les conseils et la bienveillance, mais je ne peux pas les appliquer, ce n'est pas possible. Pas encore. Ça viendra.


Et puis il y a ceux qui sont passé par ce que je vis actuellement. Ceux qui eux aussi m'apprécient et me souhaitent du bien mais savent de nature, d'instinct presque, que si je cours autant, si je "tiens" autant de choses à bout de bras, ce n'est pas pour rien. Que c'est le moment qui l'exige. Que si je travaille intelligemment ce sera temporaire.


Ceux qui regardent mes choix et mes jugements et parfois approuvent - parfois désapprouvent - mais toujours comprennent dans leur essence ce qui a poussé ces choix à devenir réels.


Ceux qui vivent dans le même tempo que moi. Ceux qui comprennent que dans chaque décision concernant mon entreprise il n'y a que deux choix : l'évolution ou la mort.


Ne vous méprenez pas ! N'allez pas attribuer au terme "mort" un sens plus tragique que celui pur et simple de l'absence de croissance, d'activité.


Nous ne parlons pas là d'êtres chers ou de Vivants, mais bien d'une entreprise dont l'espérance de vie n'est corrélée qu'à ses résultats financiers. Point de sentimentalisme dans ces mots, au contraire : de la distance et de l'analyse.


Ceux là, qui savent que dans la prime enfance d'une boite, chaque décision porte tellement de conséquences et ne prête aucune marge à l'erreur, ceux là m'offrent mieux qu'une parenthèse de calme.


Ils offrent leur compréhension.


Ceux là savent que si je décide de faire peur à un cabinet comptable, je sais aussi remercier la fourmi qui aura eu à coeur de travailler jusqu'à 18h30 pour saisir mes transactions Paypal.

Que si je l'ai fait, ce n'était pas par colère mais pas analyse.


Que c'était le dernier levier à ma disposition. Que tout le reste avait été tenté - ou fait.

Ceux là ont le cerveau monté en 380V et entendent à demi mot que si je suis montée au front c'est parce que je suis certaine que je n'ai aucune autre solution.


Ceux là dégainent les armes et avancent d'un pas en se tenant à mes cotés, présence rassurante, à la limite de mon champ de vision, qui dit à demi mot qu'en cas de besoin, l'artillerie lourde n'est pas loin. Qu'un sabre bien aiguisé se tient juste là - je sens son souffle - presque à me dire que je pourrai me permettre le faux-pas que je redoute tant.


Ceux là, y compris quand ils n'ont pas entrepris eux même, ou pas encore, ou qu'ils se battent eux aussi dans leurs propres difficultés fourbissent leurs armes. C'est dans leur nature. A mes côtés. Et moi aux leurs.


Ceux qui se battent en sourdine, qui jamais ne me disent que je m'agite trop mais soufflent que si je me bats mieux, je pourrai aussi me reposer. Un jour.


Et le plus drôle dans l'histoire, c'est que ces deux profils sont bienfaisants.


Parfois même ils se côtoient dans la même personne.

Ces deux profils humains sont des bénédictions.


A celui qui sait tenir une cloueuse et jamais n'hésite à tout laisser tomber pour venir à ma rescousse.

A celui qui entend sans mots et ne prononce que le strict nécéssaire. Mais en dit tant à qui sait l'écouter.

A celle qui n'oublie jamais de me demander comment je vais, même quand volontairement je ne répond pas.

A celle qui pardonne 1 an de silence ou plus car elle sait.

A celle qui vient à 21h m'aider à pointer.

A celle qui est toujours là, un repas chaud disponible ou juste une oreille. "Juste" une oreille... ! lol

A celui qui sait disparaitre 6 mois sans me reprocher ma distance, car il sait.

A celle qui a toutes mes folies dit - oui - sans condition. Qui se tient là chaque matin.

A celle qui persiste, qui entretient, qui aime sans condition, sans rancune.

A tous ceux là, et à ceux qui me font confiance dans mon domaine d'expertise...


Est ce que vous saviez que vous aviez une telle influence sur ma vie ? Est ce que vous saviez que j'entend tout ce que vous me dites et que je le prend toujours en considération ?


Est ce que vous saviez que je suis consciente d'avoir énormément de chance de ne jamais au grand jamais avancer seule sur ce chemin que je me suis choisi ?


Est ce que je vous l'avais - ne serait-ce que dit ?


Merci...



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